Les calendriers des fashion weeks se chevauchent, les marques publient leurs lookbooks en continu et les réglementations européennes modifient les règles du jeu pour les enseignes. Suivre la mode en 2026 suppose de croiser des sources très différentes, du défilé parisien au règlement européen sur l’écoconception.
Règlement ESPR et interdiction de destruction des invendus : ce qui change pour les marques
Depuis le 19 juillet 2026, les grandes entreprises ne peuvent plus détruire leurs vêtements et chaussures invendus. Le règlement européen sur l’écoconception des produits durables (ESPR) encadre désormais cette pratique, avec des dérogations limitées. Les entreprises de taille moyenne seront concernées à partir de 2030.
Cette contrainte réglementaire modifie directement les stratégies de collection. Les marques qui surproduisaient pour couvrir l’incertitude de la demande doivent revoir leurs volumes, sous peine de devoir gérer des stocks sans possibilité de les éliminer. Le don, le déstockage ou la réorientation vers la seconde main deviennent les seules options légales.
L’autre chantier réglementaire à surveiller concerne le passeport numérique des produits. Il n’est pas encore obligatoire pour les vêtements, mais sa mise en place se prépare au niveau européen. Ce dispositif associerait à chaque produit textile un identifiant numérique contenant des informations sur sa composition, sa traçabilité et son impact environnemental. Les enseignes qui anticipent ce cadre disposent d’un avantage opérationnel sur celles qui attendront la date butoir.
Consulter toutes les actualités sur Comme Vous Voulez permet de repérer ces évolutions réglementaires au fil de leur publication, sans attendre les synthèses de fin de saison.
Seconde main en France : les circuits qui progressent vraiment

Les ventes de vêtements, linge de maison et chaussures d’occasion ont progressé en volume en France en 2025, selon les données de Refashion. Le chiffre global masque des disparités fortes entre circuits.
Les offres de seconde main lancées par les marques et enseignes ont connu la croissance la plus rapide parmi les segments étudiés. Les plateformes entre particuliers restent le canal dominant en volume, mais ce sont les corners d’occasion en boutique qui gagnent du terrain proportionnellement.
Le marché se répartit entre quatre circuits distincts :
- Les ventes entre particuliers, via des plateformes dédiées ou des applications généralistes, qui représentent le plus gros volume.
- Les acteurs de l’économie sociale et solidaire (Emmaüs, Croix-Rouge), historiquement présents sur ce segment et disposant d’un réseau physique dense.
- Les commerces physiques spécialisés, friperies indépendantes ou enseignes de dépôt-vente, dont le positionnement varie du vintage au tri au poids.
- Les offres propres des marques, qui intègrent la reprise et la revente d’occasion dans leur parcours client, en magasin ou en ligne.
Ce dernier circuit est celui qui intéresse le plus les analystes du secteur. Une marque qui revend ses propres pièces d’occasion maîtrise le prix de revente, la qualité perçue et le parcours client. Elle récupère aussi des données sur le cycle de vie de ses produits, un atout dans la perspective du passeport numérique.
Tendances mode printemps-été 2027 : lire les défilés sans se noyer
Les collections printemps-été 2027 présentées à Paris, Milan et Londres ces dernières semaines dessinent quelques lignes claires. Le volume de propositions rend le tri difficile pour qui ne suit pas les défilés en temps réel.
Trois axes se dégagent avec suffisamment de récurrence pour ne pas être anecdotiques. Les matières légères structurées (organza rigide, coton ciré, lin technique) remplacent les tissus fluides qui dominaient les deux saisons précédentes. Les silhouettes gagnent en architecture sans recourir au tailoring classique.
Les palettes de couleurs s’éloignent du bloc monochrome. Plusieurs maisons proposent des superpositions de teintes proches, jouant sur les écarts de saturation plutôt que sur les contrastes francs. Le résultat demande plus de maîtrise en styling, mais produit un effet de profondeur absent des looks monochromes.

Côté chaussures, les semelles plates à bout carré reviennent avec une constance qui dépasse le simple cycle de tendance. Leur présence sur les défilés printemps-été 2027 confirme un mouvement amorcé il y a plusieurs saisons, porté par une demande de confort que les marques ne peuvent plus ignorer.
Centraliser sa veille mode : critères techniques d’un site utile
Un site qui agrège l’actualité mode n’a de valeur que s’il couvre simultanément les défilés, le marché et la réglementation. La plupart des médias mode se concentrent sur les collections et le style, sans traiter les aspects économiques ou juridiques qui conditionnent pourtant l’offre en boutique.
Les critères qui distinguent une source fiable d’un simple relais d’images :
- La fréquence de mise à jour, qui doit suivre le rythme des fashion weeks (quatre par an minimum) mais aussi celui des publications réglementaires européennes.
- La couverture des circuits de distribution, seconde main incluse, et pas seulement des créateurs et des célébrités.
- La capacité à contextualiser une tendance visuelle par des données de marché, comme les rapports Refashion sur la seconde main ou les échéances du règlement ESPR.
Un bon site mode en 2026 traite autant de réglementation textile que de street style. Cette double compétence reste rare dans le paysage éditorial français, où les rubriques mode des grands médias et les blogs spécialisés occupent des créneaux distincts sans se recouper.
Le secteur de la mode entre dans une phase où les tendances vestimentaires ne peuvent plus se lire indépendamment des contraintes industrielles et juridiques. Les collections printemps-été 2027 arrivent dans un contexte où la destruction d’invendus est interdite pour les grandes entreprises et où la seconde main restructure les circuits de distribution. Suivre la mode, désormais, c’est aussi suivre le droit européen.



